Les mobiles vont devenirs des lecteurs RFID

Les mobiles vont devenirs des lecteurs RFID

Date: 9 janvier 2006 - Imprimer cette page

Les mobiles vont devenirs des lecteurs RFID

Mastercard espère d’ailleurs que cette nouvelle génération de cartes séduira les commerces qui vendent des services rapides : fast-foods, guichets des stations service, par exemple. Si les cartes de crédit à puce RFID sont encore peu connues en Europe, elles sont déjà répandues au Japon et aux États-Unis. Des stations service (Mobil) et restaurants rapides (McDonalds) utilisent des cartes de fidélité de ce type sur le sol américain.

En matière de paiement, Mastercard voit déjà plus loin que les cartes en plastique. Il a noué un partenariat avec Motorola pour concevoir un téléphone pouvant faire office de carte de crédit. En présentant son téléphone devant un lecteur, l’utilisateur sera en mesure d’effectuer un paiement. En novembre 2004 Nokia a présenté son premier téléphone prêt à lire les puces RFID, le téléphone 5140 de Nokia. Le constructeur finlandais y a en effet ajouté un lecteur de puces RFID et en a fait la démonstration lors de l’exposition CTIA Wireless IT & Entertainment à San Francisco.

« Pour l’instant, cette expérimentation n’a qu’un but. Montrer que cela peut fonctionner », précise Xavier des Horts, porte-parole de Nokia. Le constructeur finlandais est membre du NFCForum, l’organisme chargé de standardiser les technologies de communication de proximité (Near field contact), comme le RFID. Travaillant sur l’interopérabilité entre les différents constructeurs, les trois membres du NFCForum (Nokia, Philips et Sony) ont multiplié les démonstrations techniques et les expérimentations.

Au CTIA, la démonstration de Nokia a montré comment un consommateur peut recevoir des informations et des bons de réduction en pointant son téléphone sur l’étiquette RFID du produit de son choix. Pourtant, face aux craintes que suscite cette technologie auprès des défenseurs du respect de la vie privée, Nokia ne compte pas développer d’application grand public et restreint ses projets aux domaines strictement professionnels. « Notre cible est plus dans la gestion de stock et le transport. Notre pilote en cours avec le transporteur DHL montre que dans ce domaine, cette technologie apporte une véritable valeur ajoutée », explique Xavier des Horts. C’est d’ailleurs ce qui a guidé le choix du terminal 5140 : résistant à la poussière comme à l’eau, il convient bien à la saisie d’informations en entrepôt. Pour l’instant, le lecteur RFID n’est qu’un boîtier qui se branche sur le téléphone. A terme, il sera intégré au coeur de l’appareil. Mais aucune date n’est encore donnée pour une commercialisation à grande échelle.

-  La traçabilité des objets : par exemple, l’hôpital de Tampa aux États-Unis a posé un million d’étiquettes sur les vêtements et rideaux chirurgicaux afin de permettre l’optimisation des flux et la traçabilité des produits réutilisables ;

-  Le tourisme et les loisirs : toute une série d’applications pour l’industrie du voyage. Au cours des derniers mois, nous avons constaté l’arrivée du RFID dans les secteurs suivants :

* La réservation de chambres d’hôtel et l’achat de billets de spectacles

* Le traçage des personnes, comme dans le système de repérage électronique pour surveiller et retrouver des enfants dans un parc d’attractions

* Le traçage des bagages où le RFID va remplacer le code barre.

-  Le traçage dans les salles de congrès : la technologie du RFID peut être intégrée dans les badges que portent les participants d’un congrès. Ces badges sont dotés d’une mémoire électronique, d’un dispositif de communication infrarouge et d’un petit écran plat. Ce dispositif permet aux organisateurs d’être informés en temps réel des «caractéristiques» des participants - leurs coordonnées, centres d’intérêt, parcours professionnel ou tout autre renseignement personnel que ceux-ci auront choisi de rendre public, ce qui en fait un outil marketing puissant. Grâce à d’autres fonctionnalités et applications, ce type de badge permet également aux visiteurs d’échanger des cartes de visite virtuelles, de s’envoyer des messages, de conserver une liste de toutes les personnes rencontrées, et ce, sur la base de technologies déjà disponibles sur certains assistants numériques personnels (PDA de type PALM).

-  Les jeux en ligne : l’institut Fraunhofer de Darmstadt participe au développement de nouveaux jeux de société, dits "hybrides" qui combinent à la fois des éléments virtuels gérés par l’ordinateur et des éléments réels que les joueurs manipulent directement. L’objectif est ainsi de réunir le meilleur des jeux numériques et traditionnels. Les scientifiques ont développé un premier prototype qui fonctionne via un tapis de jeux interactif de type TouchScreen. Celui-ci évite aux joueurs de devoir regarder sans cesse l’écran de l’ordinateur. La position des figurines sur le tapis est ainsi obtenue via une caméra ou une transmission sans-fil par puces RFID. L’ordinateur est alors capable de vérifier que tous les joueurs se tiennent aux mêmes règles du jeu, ainsi que de leur donner des indications sur le déroulement de la partie. A côté des jeux de société classiques, joués en intérieur, l’Institut IPSI travaille aussi sur les jeux dits "grandeur nature", joués en extérieur, au travers du projet "Pervasive Gaming". Il évalue ainsi l’emploi de la technologie GPS par les différents participants. Ce projet est soutenu par la Commission Européenne à hauteur de 6 millions d’euros. Les partenaires industriels (Nokia, Sony, Netservices et It’s Alive) apportent 4 millions d’euros supplémentaires. L’Institut IPSI mène des pourparlers avec des fabricants de jouets traditionnels ainsi qu’avec des fabricants de consoles et de jeux vidéo afin d’envisager un premier produit grand public d’ici à la fin 2005.