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Les mobiles se soucient de plus en plus de notre santé
Le mobile : nouveau terminal de télésurveillance médicale.
Le téléphone mobile va t-il devenir un auxiliaire de santé indispensable ? On peut le penser en voyant la multitude d’expérimentations et de services nouveaux dans ce domaine.
Orange, la marque fleuron de France Télécom, a lancé un bracelet, baptisé « Columba », pour les malades d’Alzheimer. Disponible dans les pharmacies et les agences France Télécom, ce bracelet couplant les technologies du téléphone mobile et du GPS permet de retrouver les malades d’Alzheimer en cas de fugue ou de désorientation.
France Télécom, qui a créé une division santé en décembre dernier, a également mis en place des services de surveillance et d’alerte par SMS. En 2005, « SMS Soleil », avec la ville de Nice, permettait de prévenir les habitants et les touristes contre les risques d’exposition au soleil.
Le groupe s’est également engagé dans la lutte contre le tabagisme avec la Caisse primaire d’assurance-maladie de Saône-et-Loire : 500 volontaires ont reçu des conseils par SMS pour les aider à arrêter de fumer, puis pour les soutenir et les encourager dans leur effort. « Nous testons aussi l’utilisation des SMS auprès des patients qui ont un traitement à prendre tous les jours, explique Thierry Zylberberg, directeur de la division santé chez France Télécom. On s’est rendu compte qu’on pouvait diminuer de 15 % à 20 % le coût de gestion des maladies chroniques en suivant les malades à distance de façon continue. »
Les maladies chroniques, qui sont en très forte augmentation comme le diabète - 2,8 % de la population mondiale actuellement mais 6,8 % en 2030 -, l’hypertension ou l’asthme font l’objet de plusieurs expérimentations chez la plupart des opérateurs. En partenariat avec le centre hospitalier de Corbeil-Essonnes, SFR teste son service « T + diabète », qui permet au malade de mesurer sa glycémie avec un lecteur de glycémie relié à son téléphone mobile et de déterminer ainsi la dose d’insuline optimale à s’injecter. Le mobile communique vers une base de données à laquelle accède l’équipe de soins. Ce qui permet au médecin de suivre à distance l’évolution du patient.
Fort d’un premier bilan prometteur, SFR a lancé sur le même principe deux nouveaux projets pilote. « T + asthme » permet de bien gérer sa maladie. « T + tension » met à la disposition du personnel médical les résultats de tension d’un patient, prise avec un tensiomètre et directement transmis par Bluetooth sur le mobile du patient, lequel transfère automatiquement les données sur l’ordinateur du médecin.
Bien que la pénétration des nouvelles technologies dans le secteur de la santé soit en retard en Europe, comparé aux États-Unis ou au Japon, le secteur est en plein essor. « Avec une croissance de 15 à 20 % par an, le secteur e-santé est celui qui croît le plus vite en Europe toutes industries confondues », observe Thierry Zylberberg.
En 2010, il devrait s’élever à 6 milliards d’euros en Europe et 1,9 milliard d’euros en France. Alors qu’un Européen sur quatre aura plus de 60 ans en 2010, que l’Europe comptera 20 millions de personnes dépendantes, que les personnels de santé ne sont pas assez nombreux et que les dépenses de santé explosent, les nouvelles technologies ont donc la possibilité de s’imposer.
