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Les images satellite pour concilier agriculture et environnement
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En Charente comme ailleurs, pour répondre aux exigences de productivité, beaucoup d’agriculteurs se sont tournés ces dernières décennies vers des cultures céréalières intensives avec les conséquences que l’on sait sur l’environnement. Aussi, en 1993, la Politique agricole commune met en place une série de mesures agri-environnementales : protection des cours d’eau par des bandes de terrain non traitées, gel des zones les plus sensibles, limitation de certains traitements chimiques, etc. Leur pertinence et leur efficacité sont conditionnées par la qualité des délimitations proposées. Aussi, pour décider sur quels espaces appliquer de telles mesures, il faut identifier les zones sur lesquelles s’exercent les pressions polluantes.
Pour répondre à cette question, un travail de recherche a été lancé en 1995 par Ramon Laplana et son équipe à Bordeaux, en collaboration avec l’IAAT. Pour les scientifiques, il faut élaborer une méthode rapide et reproductible d’identification, à l’échelle d’un bassin versant, de zones homogènes en termes de pratiques culturales.L’hypothèse porte sur l’existence d’une relation forte entre les dimensions, les formes, la pédologie des parcelles et les pratiques de l’agriculteur. S’il est ensuite possible d’identifier ces variables à partir d’images satellite, alors les espaces seront identifiés en fonction de leurs niveaux d’intensification.
Un échantillon de 2 000 km², soit 800 parcelles représentatives de l’ensemble du bassin, est sélectionné, sur lequel sont relevées des informations précises : type de sol, nature et dosage des apports, taille et forme des parcelles, etc. Les résultats sont intégrés dans un Système d’information géographique. La culture du maïs est retenue dans un premier temps car elle illustre bien le concept d’intensification. Les données concernant 250 parcelles, notamment les apports d’azote et d’eau, permettent de distinguer trois niveaux d’intensité de traitement.
Sur ces bases, il faut cartographier les zones d’égale intensité de traitement sur l’ensemble du bassin, et pour cela utiliser les images satellite pour classer les parcelles selon leur taille et l’aspect des plants de maïs. Les 250 parcelles de référence doivent d’abord être repérées sur une image satellite. Une mise au point méthodologique doit être faite pour les autres cultures de la Charente en trouvant un indicateur paysager d’intensité commun. A terme, il faudra croiser la cartographie avec un diagnostic de vulnérabilité des milieux pour identifier des zones à risque de pollution diffuse.
