Vers de nouveaux concepts de transport

Les cybercars

Date: 15 décembre 2005 - Imprimer cette page

Parallèlement aux développements de ces systèmes d’assistance à la conduite, l’INRIA, depuis une dizaine d’années, fait partie de ceux qui prônent une approche rigoureusement nouvelle : celle des cybercars, un nouveau genre de véhicules, totalement automatisés. Leur développement s’intègre dans une vision considérablement renouvelée de la ville et de son environnement. L’objectif est de diminuer l’usage de la voiture privée, encombrante (elle est en stationnement la plus grande partie du temps), polluante, souvent utilisée par une seule personne et souvent bloquée dans les embouteillages. Selon ses promoteurs, les cybercars, véhicules électriques publics en libre-service, pourraient offrir un nouveau moyen de transport flexible, propre et sûr qui serait un complément à des transports en commun rapides et efficaces. Une façon d’améliorer l’attractivité et la qualité de vie en ville tout en augmentant la mobilité.

Ces dernières années, plusieurs constructeurs automobiles ont conçu de tels véhicules, désormais commercialisés comme le CyCab développé à l’INRIA et construit par la société française Robosoft, les AGV développés en coopération par Yamaha et l’INRIA ou encore les ParkShuttles déjà en exploitation aux Pays-Bas. Les chercheurs ont imaginé plusieurs façons d’utiliser les cybercars, selon leur niveau de sophistication et d’automatisation. Ils peuvent évoluer à faible vitesse (30 km/h), sur des petits parcours prédéfinis, balisés, en ville ou dans des sites privés (gares, campus universitaires, sites touristiques…). L’utilisateur, ou l’abonné au service, peut se rendre à différentes destinations et y laisser le véhicule, qui est ensuite rapatrié automatiquement à sa base ou son aire de parking.

Equipé de capteurs (caméras, radars, etc.), le cybercar est déjà capable de reconnaître seul son environnement avec une fiabilité suffisante pour le laisser se déplacer en autonomie totale, à faible vitesse. A terme, les cybercars pourraient également évoluer sur des infrastructures spécifiques à moyenne voire haute vitesse. Ces véhicules pourraient aussi fonctionner au choix en mode automatique sur les infrastructures dédiées ou en mode manuel pour s’intégrer à la circulation normale. Ce concept de cybercar, véhicule électrique public en libre-service a fait l’objet d’une expérimentation "grandeur nature" à Antibes.

Mais à l’étranger, et notamment au Japon, les constructeurs travaillent également sur de nouveaux concepts de transport automobile et Nissan a par exemple présenté, à l’occasion du salon 2005 de l’automobile à Tokyo, un prototype révolutionnaire, la Pivo.