Allemagne : un pays à la pointe de la recherche en télémédecine

Le projet allemand BAN (Body Aera Network)

Date: 15 décembre 2005 - Imprimer cette page

http://www.ban.fraunhofer.de/index_e.html

Le Fraunhofer Institut a développé un bracelet électronique intégrant divers capteurs de paramètres biologiques et un module de communication sans fil. Ce prototype a été développé dans le cadre du projet Body Aera Network (BAN), qui fédère des recherches concernant les capteurs, le traitement du signal, la transmission radio ou encore le codage informatique des données. Le bracelet comporte jusqu’à 16 capteurs qui surveillent des paramètres vitaux comme la température, le taux d’oxygénation du sang, la pression sanguine ou le rythme cardiaque. Les données sont transmises en trois étapes.

Dans un premier temps, une station de base, portée à la ceinture ou intégrée dans une montre, reçoit les données envoyées par le module radio du bracelet dans la bande 402-405MHz. Cette station de base transmet à son tour les données vers un boîtier passerelle, ou un ordinateur connecté à Internet, en utilisant une connexion sans fil standard (DECT, WiFi ou Bluetooth). Les données cryptées sont enfin envoyées sous IP vers un centre de soins, via Internet ou un réseau privé. Mais cette dernière passerelle, qui relie le patient au médecin, pourrait, elle aussi, être mobile et portée par le patient, libérant ses déplacements en dehors de son domicile grâce à une transmission des données empruntant les réseaux cellulaires GSM ou UMTS.

D’après René Dünkler, l’un des responsables du projet, les capteurs pourront aussi à terme être couplés à des actuateurs pour corriger automatiquement certaines évolutions pathologiques. «Un capteur de glucose sanguin pourrait activer une pompe à insuline dès que le taux de glucose franchit une certaine limite », explique-t-il. Dans un futur un peu plus lointain, la miniaturisation de l’électronique permettra même d’envisager une électronique implantable pour certaines pathologies.»

Le concept permettrait d’améliorer la vie des malades hospitalisés et des personnes âgées. Ce bracelet sans fil peut en effet contrôler les signes vitaux (température, rythme cardiaque, pouls, etc.) puis transmettre les données recueillies au médecin ou à l’hôpital via des canaux de communication sans fil. La réception, cryptée par mesure de précaution, se fait sur différents supports (PC, agenda, portable ou PDA). Outre le fait que le patient n’a plus à se déplacer, ce procédé permettrait de réduire la durée des séjours hospitaliers et donc les frais engendrés par les soins de santé professionnels.

Il semble que le projet se poursuive afin de mettre au point une technologie qui associerait capteurs et actionneurs. De cette façon, en cas de problème, les instances médicales concernées pourraient activer à distance des dispositifs implantés dans le corps et donc remédier immédiatement aux problèmes éventuels. De son côté, Philips gère en Allemagne un service appelé Paxiva, destiné au suivi des personnes atteintes de troubles cardiaques qui compte déjà plus d’un millier de patients (un électrocardiographe communicant est installé chez chaque patient).