Le Québec, laboratoire des NTI et de la démocratie électronique

Le cadre général

Date: 14 décembre 2005 - Imprimer cette page

Le Québec compte plus de 1100 municipalités locales dont la population est très variable, allant de 300 à 2 millions d’habitants pour la ville de Montréal. Il compte également une centaine de Municipalités régionales de comté (MRC), lesquelles regroupent un ensemble de municipalités sur une base régionale pour l’exercice de certaines activités communes, telle la planification de l’aménagement du territoire. La stratégie TIC au niveau de la collectivité est diversement portée, car les municipalités profitent d’une grande autonomie d’action, malgré le fait que leurs activités soient encadrées par tout un ensemble de lois adoptées par l’Assemblée Nationale du Québec s’appliquant à elles. Au niveau de la mise en oeuvre, il n’y a pas forcément une structure créée et uniquement dédiée aux questions des nouvelles technologies et de leur application au sein de la collectivité, bien que cela soit souvent moteur d’une grande dynamique, car chaque municipalité décide elle-même de ses stratégies en matière de TIC. Aucune loi particulière ne vient encadrer cette activité ou leur impartir des obligations. Le Ministère des Affaires municipales les incite toutefois à se donner des sites WEB et à établir des services municipaux en ligne au bénéfice de leurs citoyens, une responsabilité qui appartient aux municipalités elles-mêmes. Le ministère a peu de moyens pour les encourager concrètement dans cette voie et n’a pas pour l’instant de programme d’aide financière incitatif.

On observe qu’environ 300 municipalités se sont dotées d’un site WEB, ainsi que la plupart des MRC. Ces sites Internet municipaux sont en général surtout informatifs et ne prévoient pas, à peu d’exceptions près, la dispense de services transactionnels en ligne au bénéfice des citoyens municipaux. C’est le conseil municipal qui prend les décisions, avec la collaboration des fonctionnaires municipaux et, possiblement, de firmes de consultants privés.

Montréal est une des premières villes d’Amérique dans le domaine des NTIC, elle connaît une densité exceptionnelle de jeunes entreprises dans le secteur. Le Canada et particulièrement le Québec sont un laboratoire de recherche hors pair. Le Québec est la province pionnière pour l’Internet et le multimédia au Canada. Depuis, le Canada tout entier a développé une politique Internet très vigoureuse. Cela correspond à un passage sensible et rapide d’une « vieille économie » basée sur les ressources naturelles, à la nouvelle. C’est au Québec qu’il y a le plus d’entreprises de TIC dans l’image et les effets spéciaux pour le cinéma et la TV : Softimage, Toonboon, Tarna, Espace Image...

La politique gouvernementale s’est aussi traduite dans d’autres domaines :

-  E-Administration : e plus en plus de procédures en ligne (ex. appels d’offres, ...)
-  Education : toutes les écoles québécoises sont branchées, etc.

Ce leadership public fort a permis de rattraper un retard d’équipement du Québec dans les foyers et les PME, vis à vis du reste du pays. Avec 50 % de la population connectée, le Canada est l’un des pays les plus branchés au monde. Le gouvernement fédéral a pris conscience de l’importance du numérique, avec des investissements majeurs, notamment dans les réseaux à haut débit. Le gouvernement est notamment en train de faire d’Ottawa une « vraie » capitale, avec une « Silicon Valley » dynamique. Ottawa développe aussi beaucoup le réseau scientifique.

Les priorités canadiennes (voir plus bas et http://brancher.gc.ca)

D’abord l’infrastructure. Des dispositifs législatifs de soutien très efficaces. Une part significative des infrastructures est publique, avec des financements lourds.

L’éducation, au travers des plans d’équipement massif des établissements. Il y a 2 universités au Canada qui font des cours en ligne, et le réseau SchoolNet d’appui au branchement de toutes les écoles canadiennes.

Favoriser le développement de portails sectoriels regroupant des PME (ex. artisanat inuit, petits producteurs...)

La production de contenus et la numérisation du patrimoine culturel canadien : plus de 100 M C$ par an sur la production et la numérisation de contenus en ligne. Mise en ligne des musées, archivage et diffusion des fonds documentaires...