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L’avenir du Peer to Peer : le projet "Legion" ou la naissance des métasystèmes
L’avenir du Peer to Peer : le projet "Legion" ou la naissance des métasystèmes
http://www.anandnatrajan.com/papers...
http://legion.virginia.edu/papers/H...
On pense trop souvent que le peer-to-peer n’est qu’un moyen astucieux permettant de partager des fichiers entre utilisateurs distants. Mais on oublie qu’il peut aussi être utilisé comme procédé donnant la possibilité de bénéficier d’une large puissance de calcul, répartie entre plusieurs milliers d’ordinateurs (projet SETI@Home, par exemple).
Mais en poussant le concept à ses limites, on peut imaginer un système entier, résolument peer-to-peer. C’est le cas du projet Legion, développé à l’université de Virginie, aux Etats-Unis. Le projet a donné lieu à une première version publique en 1997, et à des mises à jour régulières. Plus qu’un simple système d’exploitation, Legion est considéré comme un middleware, ou plus exactement un " métasystème ". Le logiciel sert d’interface entre le propre OS de l’utilisateur, et un nombre quasi infini de ressources, distribuées partout sur le réseau, et hébergées par les autres utilisateurs de Legion.
Le projet Legion est fondé sur une démarche orientée objet, selon laquelle toute entité (fichiers, ordinateurs du réseau, etc.) est un objet comportant des procédures d’accès spécifiques, s’intégrant dans une machine virtuelle géante. Ce modèle élégant est difficile à mettre en œuvre en pratique, en particulier parce ce que beaucoup d’applications destinées à des contextes de méta-informatique ne sont pas orientées objet. Toutefois Legion a créé par essaimage la société Applied Meta - laquelle, devenue Avaki Corporation commercialise sous licence des solutions grille.
Chaque utilisateur a donc l’impression de ne " voir " que son propre ordinateur, mais fait en réalité appel à de multiples " process " répartis sur le réseau. Les créateurs de Legion soulignent le fait qu’il est capable de gérer plusieurs milliers de milliards de ressources, disponibles sur des plates-formes matérielles et logicielles de toutes natures. Bien sûr, conformément aux principes mêmes du peer-to-peer, chaque utilisateur peut décider ou non d’ouvrir les propres ressources de son ordinateur aux autres utilisateurs, et ce de façon particulièrement fine (qui a le droit d’utiliser quelle ressource, et quand).
Ce système pourrait également révolutionner l’accès à l’information et la productivité numérique des entreprises. « Imaginez une multinationale ayant des bureaux en Asie, en Europe et aux Etats-Unis. Compte tenu du décalage horaire, à tout instant, les deux tiers de ses ressources informatiques sont inutilisées. Avec un système comme Legion, elle peut lier tous ses ordinateurs et augmenter considérablement sa puissance de travail », commente Norman F. Beekwilder, de l’université de Virginie.
Et on peut imaginer de multiples autres applications, comme la location à des tiers de " temps ressources " sur des ordinateurs n’étant pas utilisés à plein temps. Au total, Legion, qui ne fonctionne à ce jour que sur certaines versions d’Unix et de Linux, constitue une tentative aboutie de création d’un " ordinateur virtuel ", géré par un métasystème qui tire parti de la puissance du Réseau. " Nous avons environ 200 utilisateurs, répartis partout dans le monde, en Europe, en Chine, au Japon, en Australie, ou au Brésil ", explique Norman F. Beekwilder.
