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Cinq régions européennes misent sur la télémédecine
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Projet Health Optimum Union européenne Cordis
Trois régions européennes (le Funen au Danemark, l’Aragon en Espagne et la Vénétie en Italie) ont expérimenté, pendant deux ans, le programme "Health Optimum" (HEALTHcare delivery OPTIMisation throUgh teleMedicine), une organisation en réseau des établissements de santé pour éviter aux malades des déplacements inutiles et coûteux. Les résultats ont été assez satisfaisants pour que l’expérience soit étendue, dès janvier 2007, à deux autres régions en Roumanie et en Suède.
Parmi les principaux résultats du projet HEALTH OPTIMUM, citons la Vénétie, qui a augmenté de 430 % le nombre de patients traités entièrement dans un hôpital dépourvu de département de neurochirurgie, et également, grâce au télé laboratoire, ramené le temps d’obtention des résultats de près de 24 heures à moins de 10 minutes. A Funen, les services HEALTH OPTIMUM ont permis aux médecins de gagner de 15 à 20 minutes par consultation, et donc de recevoir chaque jour un plus grand nombre de patients. En Aragon, la liste d’attente du département Néphrologie est passée de 34 à 25 jours, et celle du département Hématologie de 52 à 14 jours.
"En Vénétie un système de consultations neurologiques à distance a été mis en place, en reliant les hôpitaux secondaires au service spécialisé de la région", raconte l’Italien Claudio Dario, coordinateur du programme, et directeur des autorités sanitaires de Trévise. Bilan : 79 % des transferts en ambulance ou en hélicoptère vers le bloc opératoire de neurochirurgie ont pu être évités au profit d’une banale mise en observation à l’hôpital.
Second volet du test en Vénétie : des analyses de sang réalisées à distance. "De petites machines, connectées au laboratoire, permettent d’obtenir un résultat fiable, c’est-à-dire validé par un docteur, en dix minutes seulement, contre vingt-quatre heures d’habitude", affirme le Dr Dario. Celui-ci souligne que "La télémédecine permet certes une réduction des coûts, mais aussi une amélioration de la qualité des soins. Le patient nécessitant une intervention urgente peut ainsi bénéficier d’une consultation à distance avec le spécialiste. Le temps du transfert vers l’hôpital central est alors mis à profit par le chirurgien pour préparer le bloc opératoire", argumente-t-il, convaincu que cette pratique pourrait diminuer les actuelles inégalités d’accès aux soins, notamment entre zones urbaines et campagnes.
Pour cet expert, la télémédecine va devenir d’ici cinq ans monnaie courante. Par exemple dans les maisons de retraite, pour les consultations de routine des personnes âgées. "Ce n’est plus un problème technique. Mais pour qu’elle se développe, il nous faut repenser l’organisation de nos systèmes de santé", résume le Dr Dario.
