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Calcul en grille et Peer to Peer : un binôme indissociable et synergique
Calcul en grille et Peer to Peer : un binôme indissociable et synergique
Le peer-to-peer peut être considéré comme un sous-ensemble du calcul en grille ou « Grid Computing » . Le Grid serait donc l’infrastructure sur laquelle repose le peer-to-peer, lequel généralise en fait les idées du métacomputing, consistant à récupérer les ressources inutilisées des machines reliées sur le réseau de manière totalement transparente pour l’utilisateur. Le peer-to-peer met en relation symétrique clients et serveurs, le serveur pouvant se comporter en client et vice-versa. Dans le cas du Grid, il s’agit d’une coopération entre serveurs selon un schéma statique : les données sont acquises dans un lieu de la planète, traitées dans un autre lieu, et finalement visualisées dans un troisième lieu. Selon IBM, un ordinateur en entreprise est utilisé à moins de 5 % de ses capacités, c’est pourquoi la firme s’est lancée sur le marché du calcul distribué. Basées sur la répartition des données entre plusieurs postes, ses solutions permettent d’exploiter ces ressources perdues.
Dans sa vision la plus ambitieuse, le grid computing consiste à virtualiser les ressources informatiques de l’entreprise pour optimiser leur utilisation, c’est-à-dire à représenter un ensemble de ressources dispersées et hétérogènes comme un seul et unique "super ordinateur". Il s’agit "de rendre l’accès aux ressources informatiques aussi transparent que l’électricité", explique JP Prost, expert au Grid Design Center d’IBM à Montpellier. Cette approche s’appuie sur un constat simple : les entreprises n’exploitent en moyenne que 20 % de la puissance de calcul de leur parc informatique. Plutôt que de racheter de nouveaux serveurs, il serait plus judicieux de fédérer la puissance de calcul dormante de l’entreprise et la mettre à disposition des utilisateurs.
Le calcul distribué repose sur une architecture client-serveur traditionnelle. Un PC "pilote" alimente les clients qui se chargent d’exécuter les calculs. Pour contourner les erreurs liées à l’indisponibilité du réseau ou d’un PC, un même calcul unitaire est envoyé sur différentes machines. Le pilote agrège ensuite les calculs intermédiaires pour recomposer le résultat final. Des projets tels que Seti@home ont largement contribué à vulgariser cette approche. Facile à mettre en oeuvre, elle nécessite cependant de prévoir une structure de programme spécifique et s’applique à des calculs simples et faciles à découper.
Au niveau mondial, Cachelogic a réalisé une étude relative aux logiciels d’échange d’informations (peer-to-peer) sur Internet. Le premier constat est que le dernier kilomètre de ligne raccordant l’internaute au Web est occupé - en moyenne - à 80 % par des transactions issues de logiciels P2P. Le plus populaire de ces logiciels est devenu au fil des mois BitTorrent qui remplace progressivement le "célèbre" Kazaa dans le cœur des internautes. BitTorrent gère en effet plus efficacement les fichiers que Kazaa, augmentant ainsi les sources disponibles et donc la vitesse de téléchargement.
En 2004, sur le hub américain, 66 % du trafic concernait des requêtes peer-to-peer, 11 % des requêtes HTTP et 22 % des requêtes diverses incluant les échanges FTP et les courriers électroniques. En 30 jours, cela représente 3,5 millions d’accès par des adresses IP uniques, avec des transferts équivalents entre le téléchargement (download) et l’envoi de données (upload). Pourtant, les connexions ADSL ont un débit dit asymétrique, ce qui signifie que le débit descendant est plus important que le débit montant. Le PtoP est donc un puisant moteur qui pousse les utilisateurs vers le très haut débit symétrique.
