Réseaux optiques et VDSL

Les projets haut débit et réseaux optiques en France

Réseaux optiques et VDSL

Dernière mise à jour de cette rubrique: 5 août 2007 - Imprimer cette page

"La fibre avance de manière incrémentale", explique Roland Montagne de l’IDATE. Pour l’heure, elle s’arrête aux DSLAM (les concentrateurs des lignes ADSL) des opérateurs qui dégroupent. La progression rapide des performances des modems et des systèmes xDSL montre que bien avant 2010, les technologies sur cuivre parviendront au maximum de leur limite. Seule la technologie de réseau optique passif (PON) est en mesure de répondre à une vaste demande au prix le plus faible du marché.

On sait que la situation est très contrastée selon les pays en ce qui concerne les investissements en ADSL et en réseaux hybrides fibre cuivre (HFC), malgré les instances de régulation qui militent pour le dégroupage. On remarque que souvent, l’absence de réglementation contraignante a conduit souvent les municipalités à lancer elles-mêmes leur équipement en FTTH à l’aide de sociétés de la concurrence. On peut donc prévoir un développement sans pareil des raccordements FFTH pour le futur immédiat.

Depuis 2007, Free propose, pour 29,99 euros par mois seulement, une connexion optique à Internet à très haut débit, soit 50 Mbit/s symétriques.Free veut déployer son propre réseau optique et desservir en FTTH dix millions de Français d’ici 2012.

France Télécom, pour sa part, propose déjà, depuis 2007, son offre de très haut débit optique dans plusieurs agglomérations comme Paris, Marseille, Toulouse et Lyon.

A cet égard, la Suède, le Japon et la Corée du Sud font œuvre de pionniers en misant résolument sur la fibre optique jusqu’au foyer (FTTH) qui permet l’accès à une multitude de nouveaux services à haute valeur ajoutée (Vidéo à la demande, visiophonie, téléconférence, téléachat en 3D).

Fibre optique jusqu’au foyer : Orange lance son offre

Orange

On connaît enfin l’offre Orange en matière de FTTH. Cette offre, baptisée "La fibre" sera géographiquement limitée, à certaines zones de Paris et des Hauts-de-Seine. 14 000 foyers seraient aujourd’hui raccordables, selon Orange. Viendront ensuite d’autres quartiers de ces communes et de cinq villes de province (Lille, Lyon, Marseille, Poitiers, Toulouse), d’ici au mois de juin. Orange restera encore en phase de prédéploiement jusqu’en 2008, avant de généraliser à l’ensemble du territoire le FTTH.

En standard, l’offre, facturé 44,90 € (plus la location de la Livebos à 3 € par mois), comprend un accès à Internet, de la téléphonie illimitée vers les fixes (France métropolitaine) et 36 chaînes de télévision (simple définition), avec un débit de 100 Mbit/s en réception et de 10 Mbit/s en émission. En plus de ce forfait de base, Orange propose plusieurs options : le Time Control HD (enregistreur numérique avec contrôle du direct) facturé 7 €/mois en plus, le Multi Ecran TV pour regarder des chaînes différentes sur deux TV (7 €/mois) ou la possibilité d’avoir un débit symétrique de 100 Mbit/s en émission et en réception (20 €/mois).

Mais ce saut technologique suppose également un saut matériel. Orange ayant choisi de déployer sa fibre jusque chez l’abonné (technologie FTTH pour Fiber to the home ), des « points de répartition » doivent tout d’abord être installés en bas des immeubles, par exemple au sous-sol. Des « points de branchement » sont ensuite placés sur les paliers pour alimenter chaque logement en fibre. «Orange a fait le choix d’ouvrir et de rendre accessibles à tous les opérateurs qui le souhaitent et sur la base d’accords de réciprocité, les clients des immeubles qu’il a équipés de fibre optique», affirme l’opérateur historique dans un communiqué.

Dans l’appartement de l’abonné, l’installation doit être prolongée par une prise spécifique reliée à un boîtier optique qui transforme le signal optique en signal pour réseau Ethernet classique. C’est sur ce boîtier (Alcatel) que sera connectée une nouvelle Livebox fournie par Orange, plus riche en ports Ethernet (4 au lieu de 2) et dopée pour supporter le 100 Mbit/s. Cette installation sera offerte dans un premier temps puis facturée 100 euros à l’abonné. Pour installer sa fibre dans les immeubles, Orange a dû négocier avec les régies syndics.

L’opérateur affirme avoir obtenu 700 accords à ce jour, y compris avec ceux qui gèrent des immeubles déjà câblés. Pour convaincre les décideurs, Orange met en avant ses choix technologiques qui permettent de limiter le nombre de fibres à implanter dans un immeuble. Avec la technologie GPON, qu’il a choisie, une fibre initiale au niveau d’un noeud de raccordement permet de raccorder 64 clients.

Avec "la fibre", Orange reprend l’offensive sur le terrain de la communication, aprés l’annonce par Free, en septembre 2006, de la construction d’un réseau très haut débit optique et son offre de fibre optique (FTTH) à 29,90 euros. Du côté de Neuf Cegetel, on annonce également une offre d’accès en fibre optique, limitée géographiquement, en 2007. L’opérateur teste actuellement les usages et les attentes des consommateurs sur le réseau de Pau, racheté à Médiafibre.

Date: 16 février 2007 - Consulter cet article seul

Collectivités locales : 85 projets lancés et 448 millions d’euros investis en 2006 dans les réseaux haut débit

Avicca : derniers projets

Avicca : carte des projets haut débit

Les collectivités ont lancé de nombreux projets de réseaux ouverts aux opérateurs en 2006, annonce l’Avicca, l’association des villes et collectivités pour les communications électroniques et l’audiovisuel, le 15 janvier 2007. L’association regroupe les collectivités territoriales actives dans l’aménagement de leur territoire en réseaux de communications électroniques, et dans le développement des usages.

D’après son bilan , au 1er janvier 2007, 48 réseaux sont déjà en exploitation, 21 ont été attribués et sont en construction, et 16 font l’objet d’une procédure de consultation. Au total, l’an dernier, 448 millions d’euros ont été investis, répartis entre 15 marchés. C’est plus qu’en 2005, où 11 marchés avaient été attribués.

Tous les marchés attribués en 2006, d’après l’association, concernent l’aménagement numérique du territoire. Et quatre types de projets sont à l’œuvre : la couverture de zones blanches, en liaison avec un réseau de collecte existant ou à venir ; les réseaux de collecte, avec une dimension très haut débit pour les zones d’activité et les services publics, voire, pour partie, le grand public ; les réseaux très haut débit pour les entreprises en fibre jusqu’à l’abonné et enfin, la desserte en technologies alternatives (CPL, WiMAX).

Parmi eux, à nouveau, on trouve des projets portés par diverses catégories de collectivités territoriales : des agglomérations, comme Angoulême ou Quimper, une région, avec la Guyane, ainsi que des départements, comme la Nièvre ou la Seine-et-Marne. Cette dernière, par exemple, a décidé de mettre sur pied un réseau qui devra desservir 100% du territoire, (particuliers à 512 Kb/s minimum et entreprises à 2048 Kb/s).

Derniers projets haut débits lancés :

Département de la Nièvre : Le 6 octobre 2006, la convention de travaux et de Service public pour l’établissement et l’exploitation d’un réseau de communications électroniques à haut débit a été signée entre le Syndicat Mixte Ouvert, Niver-lan, et Axione. Ce réseau permettra de desservir près de 100 % de la population de la Nièvre avec une offre concurrentielle fournie par plusieurs opérateurs (double-play) et à un débit de 10 Mbps pour les entreprises :

Montage : DSP concessive sur 20 ans ; Délégataire : Axione ; Typologie : 500 Km de fibre optique et WIMAX ; Points de raccordement : 38 NRA et 33 ZA ; Coût total : 42M€ dont 25,6 M€ (61%) de fonds publics ; Durée des travaux : 22 mois. =============================================== Département du Haut-Rhin : Le 13 octobre, le département a signé avec la Société LD Collectivités (partenariat avec Est Vidéocommunication), la construction, la commercialisation, l’exploitation et la maintenance d’un réseau à haut débit à l’échelle du département.

Ce réseau, réalisé en totale cohérence avec le RIP lancé par la Région Alsace comporte une tranche ferme et des tranches conditionnelles , la tranche ferme ayant pour but de résorber les zones d’ombre du département : il utilisera les technologies fibre optique et WIMAX et permettra, tous réseaux confondus , de garantir à toutes les communes du département l’accés à un débit de 2Mb/s.

Montage : DSP concessive sur 15 ans ; Délégataire : LD Collectivités / Est Vidéocommunication ; Typologie : 175 Km de FO et WIMAX (30 sites) ; Coût 1ère tranche : 10,15M€ dont 6,2M€ (60%) de fonds publics ; Durée des travaux : 18 mois.

==================================== Département de la Haute-Marne : Le 20 octobre 2006, le département a attribué à HDRR, la première délégation de service public 100% hertzienne. permettra de couvrir, avant avril 2008, plus de 80% des foyers haut marnais situés en zones blanches, 5% des sites restants seront couverts en utilisant la technologie Wi-Fi.

Montage : DSP concessive sur 5 ans ; Délégataire : HDRR ; Typologie : WIMAX (21 sites) : 9 sites appartenant à TDF et 12 pylônes ; départementaux haut marnais ; Coût total : 3,8M€ dont 1,9M€ (50%) de fonds publics ; Durée des travaux : 18 mois.

======================================== Département de la Charente-Maritime : En novembre, le département a signé avec le groupement Axione / Mainguy, la construction, la commercialisation, l’exploitation et la maintenance d’un réseau à haut débit à l’échelle du département.

Montage : DSP concessive sur 20 ans ; Délégataire : Axione / Mainguy ; Typologie : 600 km de FO et WIMAX (33 sites) ; Typologie : 139 (200) NRA et 70 ZA ; Durée des travaux : 18 mois.

========================================== Département de la Seine-et-Marne : En novembre, le département a signé avec le groupement Axia France / Vinci Networks / Marais Contracting, la convention de travaux et de Service public pour l’établissement et l’exploitation d’un réseau de communications électroniques à haut débit. Ce réseau, permettra de desservir 100% du territoire (particuliers à 512 Kb/s minimum et entreprises à 2048 Kb/s). Outre la fibre optique et l’utilisation des infrastructures du réseau moyen débit existant, ce réseau utilisera la technologie WIMAX.

Montage : DSP concessive sur 20 ans ; Délégataire : Axia France / Vinci Networks / Marais Contracting ; Typologie : 1101 Km de fibre optique et WIMAX (14 sites) ; Points de raccordement : 143 NRA (163), 346 ZA dont 179 en fibre optique, 836 sites publics dont 480 en fibre optique ; Coût total : 74,4M€ dont 30,4 M€ (40,9%) de fonds publics ; Durée des travaux : 22 mois.

===================================== Communauté d’Agglomération d’Angoulême : Le 24 novembre 2006, la Communauté d’Agglomération a signé avec les sociétés COVAGE (filiale Vinci / Axia) et Sogetrel, la construction, la commercialisation, l’exploitation et la maintenance d’un réseau à haut débit à l’échelle de l’agglomération. Ce réseau permettra l’accès pour tous au haut et très haut débit : accès au Triple Play pour tous les particuliers (2 Mbit/s) sur 100% de l’Agglomération (Couverture ADSL + Wimax), accès au Très Haut Débit pour le parc immobilier social, les ZA, les bâtiments des différents services publics ainsi que pour un certain nombre d’habitants du secteur privé (enveloppe de 1M€ réservée au déploiement d’un réseau FTTx).

Montage : DSP concessive sur 20 ans ; Délégataire : COVAGE ; Typologie : 112 Km de fibre optique et WIMAX ; Points de raccordement : NRA, ZA, sites publics et particuliers (cible FTTx) ; Coût total : 16M€ dont 4,5 M€ (28%) de fonds publics ; Durée des travaux : 18 mois.

======================================= Projets en cours de procédure

Département du Bas-Rhin : Le 5 octobre 2006, lancement d’une procédure DSP pour l’établissement et l’exploitation d’un réseau départemental à haut débit. Les objectifs prioritaires de ce projet sont : la couverture des zones banches, le développement d’une offre télécom diversifiée dans les principaux pôles urbains (particuliers, administrations, entreprises, etc..) et la réalisation d’une infrastructure de collecte à très haut débit sur le département.

D’un point de vue technique, outre la mutualisation d’infrastructures et de capacités de débit existantes, le réseau sera réalisé sur la base d’une infrastructure multi technologies, filaires et hertziennes. Le réseau sera opérationnel à l’échéance 2008/2009.

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La Communauté Urbaine de Dunkerque : Le 3 novembre 2006, lancement d’une procédure DSP pour l’établissement et l’exploitation d’un réseau départemental à haut débit. Les objectifs prioritaires de ce projet sont :

Le raccordement systématique des points techniques de présence des opérateurs de communications électroniques. Le raccordement et la desserte des zones d’activités considérées comme stratégiques par la CUD. Le raccordement des principaux sites publics présents sur le territoire de l’agglomération.

========================================= Syndicat Mixte pour l’aménagement du pays d’Albret (Lot-et-Garonne) : Le 6 novembre, lancement d’une procédure DSP en affermage pour l’exploitation et la commercialisation du réseau de télécommunication haut débit de type WIMAX du syndicat mixte.

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Syndicat Mixte pour l’aménagement de la vallée du Lot (Lot-et-Garonne) : Le 6 novembre, lancement d’une procédure DSP en affermage pour l’exploitation et la commercialisation du réseau de télécommunication haut débit de type WIMAX du syndicat mixte.

Date: 17 janvier 2007 - Consulter cet article seul

Free veut raccorder quatre millions de foyers à la fibre optique d’ici 2012

Free

Free

Free a annonçé en septembre 1006 qu’il allait s’engager dans le déploiement de son propre réseau en fibre optique jusqu’au domicile de l’abonné et qu’il comptait également proposer un "service universel gratuit". L’objectif est de proposer au 1er semestre 2007 une déclinaison très haut débit de son offre ADSL. L’offre de Free restera "Triple Play" et intègrera toujours la téléphonie et un bouquet numérique de programmes de télévision. L’opérateur, qui n’a pas vocation à la philanthropie, va bien entendu commencer le déploiement de son réseau optique dans les zones où la densité de détenteurs de Freebox est la plus importante. Le réseau fibre de Free raccordera d’abord des domiciles situés à Paris, avant d’être progressivement déployé en banlieue parisienne et à certains quartiers de villes de province. L’objectif de Free est de toucher 10 millions de Français, soit 4 millions de foyers raccordables à l’horizon 2012.

En annonçant ce plan de réseau optique jusqu’à l’abonné, Free prend un risque financier réel (la bourse a d’ailleurs immédiatement sanctionné l’annonce de Free en faisant sensiblement baisser la valeur de son titre). Il faut en effet rappeler que l’investissement consacré pour le développement de cette architecture FTTH (Fiber to the Home) n’a rien de symbolique puisqu’il est estimé à un milliard d’euros. Il est vrai que chaque internaute connecté à la fibre optique représente une facture de 1.500 euros. Dans cette facture, 350 euros représentent les derniers mètres et la fourniture de la Freebox.

De manière logique, pour rentabiliser cette coûteuse infrastructure, l’opérateur prévoit également de revendre des capacités réseau à d’autres acteurs du marché. « Dès que ce réseau sera opérationnel, Free engagera des discussions avec tous les opérateurs qui le désirent pour leur proposer, à des tarifs « convenables », une offre de location de fibres optiques jusqu’à l’abonné. » En pratiquant cette stratégie ouverte, Free souhaite également prévenir les risques que nombre d’immeubles se retrouve câblés plusieurs fois, par différents opérateurs.

Mais après avoir dévoilé son plan de réseau optique jusqu’à l’habitant, Free a fait une autre annonce, encore plus étonnante : l’opérateur, par le biais de sa Fondation Free, entend rendre gratuit l’accès à Internet : c’est ce que free appelle le "service universel gratuit". Concrètement, dans chaque immeuble raccordé en fibre optique par Free, les foyers pourront, s’ils le désirent - et uniquement contre une caution pour le prêt du terminal Freebox optique - bénéficier d’une ligne téléphonique (sans abonnement), d’un accès à Internet bas débit et du bouquet TNT de base en qualité numérique.

Free insiste sur la gratuité de cette offre, voulant "rendre gratuit au plus grand nombre l’accès à la société de l’information". Outre le fait que cette offre va abolir le monopole de l’abonnement téléphonique, elle risque de susciter un réel attrait auprès des syndics et propriétaires d’immeubles, qui se verront proposer gracieusement pour leurs occupants un accès triple play (téléphonie, télévision, Internet) contre l’autorisation de raccordement en fibre par Free de ces bâtiments.

Si Free est le premier, en Europe, à annoncer le lancement de son offre commerciale, d’autres pays ont une longueur d’avance sur la France et ont déjà déployé massivement des réseaux optique haut débit jusqu’à l’habitant. C’est le cas du Japon, où un quart des abonnés à l’Internet haut débit ont accès à la fibre optique jusqu’au foyer et où l’on prévoit que les abonnés au FTTH (Fibre optique jusqu’au domicile) seront plus nombreux que les abonnés à l’ADSL (haut débit sur cuivre utilisant le réseau téléphonique) dès 2008 ! En Corée, grâce à une politique volontariste de l’Etat depuis 10 ans, 11 millions d’immeubles sur 15 sont raccordés par fibre optique. En Suède, plus de 280 000 suédois avaient accès au Net par le FTTH en 2005, soit plus d’une connexion haut débit sur 3. L’Italie dispose actuellement de plus de 180 000 lignes FTTH, dont 80 % desservent des résidentiels (à 60 € par mois).

En Italie, la plupart des villes italiennes sont câblées à 40 % en FTTH et Milan l’est totalement. FastWeb propose un accès FTTH à Milan, Rome, Gênes, Turin, Naples et Bologne. Le service FastWeb de e.Biscom interconnecte plus de 300 000 foyers et 50 000 entreprises par le biais d’une connexion directe en fibre optique. A l’horizon 2010, l’opérateur envisage d’interconnecter toutes les villes italiennes de plus de 45 000 habitants, couvrant ainsi plus de 1 million de foyers.

En France, la plupart des opérateurs sont en train d’expérimenter le très haut débit par fibre optique jusqu’à l’habitant. France Télécom a annoncé en début d’année le déploiement graduel d’un réseau de fibre optique jusqu’à la maison - 100 mbps de débit - mais « pas avant 2008 », pour un investissement « pas massif, mais progressif ». Actuellement, les tests se poursuivent sur 1.000 logements. Ce projet de France Télécom a débuté dans quelques arrondissements parisiens et villes de banlieue, mais pour 70 euros par mois. Neuf Cegetel a récemment indiqué avoir lui aussi lancé des expérimentations de très haut débit optique. Et quelques autres petits opérateurs, comme Erenis et Citefibre, proposent déjà des offres commerciales locales.

Les ambitieux projets de Free en matière de très haut débit optique pourraient bien avoir l’effet d’un véritable catalyseur et accélérer sensiblement la mutation, inévitable mais toujours reportée, du cuivre vers la fibre optique, seule technologie offrant une réserve de bande suffisante pour pouvoir amener dans les foyers, pour les décennies à venir, la myriade de nouveaux services numériques à forte valeur ajoutée qui pourra séduire les consommateurs.

La réaction des fournisseurs d’accès Internet ne s’est d’ailleurs pas fait attendre puisqu’au lendemain de l’annonce de Free, le fournisseur Erenis annonçait sur Paris une offre FTTH "Triple Play à 30 € par mois comprenant l’Internet à 60 Mbits (en voie descendante), le téléphone illimité vers 100 pays, et plus de 80 chaînes TV.

Date: 3 octobre 2006 - Consulter cet article seul

Haut-débit : une dynamique satisfaisante France mais un passage au tout optique inéluctable

Rapport du CRIP

Le dernier rapport du Comité des réseaux d’initiative publique (CRIP) animé par l’Autorité de régulation (ARCEP) fait le point sur le déploiement et les perspectives du haut débit en France et constitue une véritable mine d’informations. Début 2006, une soixantaine de projets de grande envergure - plus de 60 000 habitants concernés - sont recensés. Trente projets environ sont entrés en phase opérationnelle, le prestataire ou le délégataire ayant été retenu et les travaux commencés. Les engagements financiers cumulés s’élèvent aujourd’hui à un peu plus de 800 M€ pour 13 000 kilomètres de réseau. Ces volumes sont vraisemblablement appelés à doubler au cours des trois prochaines années. En 2005, les projets des collectivités ont commencé à avoir un effet structurant sur la géographie du dégroupage. Sur les 168 nouveaux sites ouverts au cours de l’année 2005, plus des trois quarts sont dus aux premiers projets de réseaux d’initiative publique en Alsace, Loiret, Oise et Pyrénées-Atlantiques.

La couverture complète des répartiteurs en DSL sera atteinte au cours de l’année 2006 mais à moyen terme, beaucoup de paires de cuivre restent trop longues pour supporter la diffusion audiovisuelle, perspective d’une diffusion de vidéo haute définition sur paires de cuivre homogène sur le territoire national est hors de portée financière, y compris à moyen terme. Il faudrait reconstruire ou modifier la moitié du réseau cuivre.

Le débit DSL est en effet fonction de la longueur des paires de cuivre. Au-delà de cinq à six kilomètres, plus aucun signal haut débit ne passe et on se trouve de ce fait en zone blanche. Compte tenu de la distribution de la population sur le territoire, on peut estimer qu’entre 3000 et 4000 communes ne seront, même à terme, pas couvertes en DSL ou que très partiellement. Peu d’évolutions technologiques sont attendues. Les zones blanches du DSL à fin 2006 seront pérennes, sauf à réaménager le réseau cuivre, modifier l’emplacement des répartiteurs ou équiper en DSL les sous-répartiteurs. France Télécom a lancé un plan dit "NRA-HD", visant à créer de nouveaux répartiteurs haut débit. Ce plan couvre entre mille et deux mille sites en trois ans, proches des zones d’activité non couvertes, notamment en zone périurbaine. Ce plan, en son état actuel, n’aura pas pour effet la résorption complète des zones blanches.

Le rapport souligne que la dynamique du marché français du haut débit est satisfaisante, avec des tarifs faibles, une concurrence dynamique, des innovations technologiques et une forte adhésion des clients finaux. Mais à long terme, selon ce rapport, les paires de cuivre téléphonique seront néanmoins insuffisantes pour répondre à la demande des ménages et des entreprises, et seront probablement remplacées par de la fibre. Dans un bilan de l’équipement en très haut débit sur fibre optique des zones d’activité, ce bilan détaille les différentes formes d’intervention susceptibles de «favoriser la rupture technologique vers la fibre optique». Les zones d’activité «bénéficient ainsi de facteurs économiques et juridiques favorables». Le CRIP relève ainsi que les zones d’activité rassemblent sur un pour cent du territoire entre un tiers et la moitié des entreprises de plus de dix salariés ; l’enjeu de leur équipement en très haut débit est loin d’être négligeable.

Il souligne par ailleurs que les collectivités étant propriétaires des fourreaux dans les nouvelles zones, elles peuvent s’organiser pour donner accès à leur patrimoine de manière efficace et non discriminatoire aux différents opérateurs. Quant aux zones d’activité antérieures, France Télécom propose aux opérateurs alternatifs depuis début mars une offre d’accès à ses propres infrastructures à un tarif attractif. Enfin, une collectivité décidant d’établir et d’exploiter des réseaux de fibre en zone d’activité doit être prudente en matière de choix technologique ; certaines solutions pourtant répandues sont de nature à limiter dans la durée l’intensité concurrentielle locale. La conjonction de l’offre d’accès aux fourreaux de France Télécom et des initiatives publiques pourrait permettre leur équipement significatif en très haut débit avant la fin de la décennie. «Les collectivités y jouent un rôle central, issu de leurs compétences en matière de droit du sol, éventuellement renforcées par celles que leur confère l’article L.1425-1 du code des postes et communications électroniques.»

Date: 18 mars 2006 - Consulter cet article seul

la mise en place d’un "observatoire du haut débit" au service des collectivités

Les interventions du Ministre de l’Aménagement du territoire

Le ministre délégué à l’Aménagement du territoire, Christian Estrosi, a annoncé le 15 mars 2006 la mise en place d’un "observatoire du haut débit" afin d’aider les collectivités à faire leur choix en matière d’internet pour résorber les zones blanches. Dans une allocution devant le Comité des réseaux d’initiative publique (CRIP), M. Estrosi a précisé que la DIACT, Délégation interministérielle à l’aménagement et à la compétitivité des territoires, ex Datar, avec la participation de l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) seront chargées de ce projet. Les collectivités sont invitées à y participer.

Dès 2006, l’Etat apportera 50.000 euros à la création de cet organisme qui se veut "une aide précieuse à la décision pour l’intervention publique". Il présentera une cartographie actualisée de la couverture en haut débit par les différentes technologies existantes (ADSL, WiFi, Wimax, CPL,...) à un niveau infra-communal.

M. Estrosi a également annoncé la préparation de guides pratiques d’ordre juridique et technique. Fin 2006, près de 98% de la population sera éligible à l’ADSL (Internet haut débit par le téléphone). Toutefois près de 5.000 communes conserveront une couverture inférieure à 80% de leur population. Cet observatoire et les guides, fait-on valoir au ministère, s’inscrivent dans le cadre de l’objectif gouvernemental de parvenir d’ici à 2007 à apporter l’internet haut débit pour 100% des communes.

Date: 15 mars 2006 - Consulter cet article seul