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La santé à domicile : un secteur en plein essor
La santé à domicile ne se limite pas à l’hospitalisation à domicile, prescrite par un médecin en substitution d’une hospitalisation classique. Elle inclut l’ensemble des activités de santé pratiquées à domicile : soins, surveillance, aide aux personnes dépendantes...
Les produits et services destinés au marché de la santé à domicile sont donc extrêmement divers. Ils vont des simples aides techniques - cannes, déambulateurs... - aux installations lourdes comme les équipements de dialyse ou de chimiothérapie à domicile, accompagnés des prestations et fournitures nécessaires à leur fonctionnement.
Le marché est d’ores et déjà considérable : environ 4 milliards d’euros (dont 2,8 pour les matériels et les prestations de service associées). Il occupe déjà 40 000 personnes, et le nombre d’emplois pourrait progresser de 20 à 30 % dans les cinq prochaines années. En outre les technologies de l’information et de la communication sont en train de modifier la donne : grâce à ces technologies, le patient peut être directement relié à l’équipe médicale. Ainsi, des capteurs sont en mesure de signaler à des centres de télésurveillance une chute du patient dans son logement, un dérèglement de son rythme cardiaque ou l’oubli d’un traitement de chimiothérapie. Encore embryonnaires, ces activités sont appelées à se développer largement du fait du vieillissement de la population, qui exigera de plus en plus de surveillance.
Sur le plan industriel, le marché des dispositifs médicaux progresse de 7 à 8 % par an en France comme dans le monde. La France est notamment bien placée dans des secteurs comme la télécardiologie, l’assistance respiratoire ou les capteurs pour la télémédecine.Dans le domaine des services, la distribution est assurée à la fois par les fabricants eux-mêmes et par des prestataires de services, les pharmaciens, des associations et des magasins spécialisés. L’installation, l’exploitation, la maintenance des matériels sont assurées par les industriels eux-mêmes ou par des prestataires comme Air Liquide Santé, Bastide ou LVL Médical, souvent engagés dans des partenariats avec les industriels.
La santé à domicile comporte des enjeux importants pour l’économie française. C’est un vaste gisement d’emplois de services à la personne ; son expansion va nécessiter de nouveaux personnels, de nouveaux métiers, de nouvelles formations qualifiantes. Elle offre de nouveaux marchés pour des entreprises industrielles et de services et devrait devenir un domaine naturel d’utilisation du nouveau chèque emploi service universel. Le développement de la santé à domicile est une quasi-certitude. Pour que les entreprises françaises puissent prendre demain une part significative du marché, elle doivent donner la priorité aux projets de R&D et s’engager dans le développement de produits et de services innovants.
Le secteur de la santé à domicile occupe dès aujourd’hui une place importante dans les appels à projets de R&D, qu’ils soient lancés par l’Agence nationale de la recherche (ANR), Oséo-Anvar ou le Fonds de compétitivité des entreprises géré par la Direction générale des entreprises. LA DGE s’est en particulier fortement impliquée dans la création du réseau national des technologies pour la santé (RNTS), géré depuis 2005 par l’ANR.
Parmi les projets retenus par le RNTS (http://rnts.enst-bretagne.fr) en 2005, une vingtaine - soit plus de 15 % - concernent directement la santé à domicile ; ce thème sera également l’une des priorités de son appel à projets 2006, lancé prochainement. Il devrait aussi avoir sa place dans les projets de certains pôles de compétitivité (par exemple le pôle Innovations thérapeutiques).
Parmi les thèmes de R&D les plus prometteurs figurent notamment :
les aides respiratoires,
les systèmes de délivrance de médicaments,
la dialyse,
la télésurveillance et le télétraitement.
La plupart de ces thèmes appellent presque par nature une recherche collaborative. Ainsi les projets de télé-surveillance associeront-ils par exemple des PME spécialistes des capteurs, des opérateurs de télécommunications ou de télétransmission et des laboratoires d’analyse.
Enjeu scientifique et médical : médecine collaborative et télémédecine.
Les télédiagnostics qui recoupent l’avis de plusieurs médecins sur une maladie grave, les téléconsultations qui réunissent patients, médecins et personnels soignants, sont autant d’applications propices à l’apprentissage, au perfectionnement, à l’établissement d’une médecine plus performante. De plus, la précision offerte par les applications de télémédecine, comme la « réalité augmentée » par les logiciels 3D, sont des éléments incontestables de progrès pour la chirurgie moderne.
Au cours du salon Medica, principale manifestation internationale concernant les équipements médicaux, certains stands présentaient des solutions permettant de suivre à distance des patients à risque (certains asthmatiques et diabétiques, des personnes atteintes de troubles cardiaques ou encore des personnes âgées). Au-delà du simple déclenchement d’appel d’urgence grâce à un bouton en cas de besoin (après une chute, par exemple), on assiste donc désormais à l’émergence de systèmes intégrant des capteurs de paramètres physiologiques des patients. En recevant de façon quasi permanente les données décrivant l’évolution de l’état de la personne, les centres de soins peuvent ainsi mettre en place une action préventive ou réagir plus rapidement en cas de crise. Pour les patients capables de se déplacer normalement, plusieurs solutions sont développées afin de permettre un suivi en dehors du domicile grâce aux réseaux de téléphonie mobile.
Un enjeu budgétaire et informationnel : l’atout des systèmes informatisés des données médicales.
Les dépenses de santé représentent une part croissante des PIB nationaux. Le dernier rapport de l’OCDE sur les systèmes de santé donne comme première recommandation « d’investir dans des systèmes informatisés de données médicales » pour réduire les dépenses de santé et améliorer la qualité des soins. Lorsqu’ils sont bien conçus, ces systèmes amènent une information médicale mieux structurée et archivée.Un enjeu démographique : les téléconsultations et les personnes âgées.
Le vieillissement de la population européenne s’accompagne d’un nombre réduit de médecins par habitants : 359 pour 100 000 habitants. Ce ratio peut être encore plus faible lorsqu’il s’agit de médecins spécialistes. D’où l’intérêt des solutions de téléconsultation qui limitent les déplacements des personnes âgées et des médecins spécialistes. Elles offrent ainsi une nouvelle médecine de proximité, parfois plus réactive.Un enjeu relationnel : nouveaux rapports patient/médecin.
Aujourd’hui la moitié des Européens ont accès à Internet. 46 % d’entre eux l’utilisent déjà pour s’informer sur leur santé. Les taux ne cessent de progresser et les jeunes générations font d’Internet un média de référence en matière d’information. Les sites qui offrent au patient la possibilité d’interagir avec leurs médecins (informations, conseils, prises de rendez-vous, prescriptions pour certains cas bien identifiés) sont des innovations intéressantes. Ils contribuent à rendre la médecine plus interactive. Estampillés par des autorités certifiées, ils limitent aussi la colonisation du Web par les charlatans. Enfin, ils accompagnent la manière dont les patients gèrent leur santé avec le Net : connaissance accrue des informations santé, demande d’avis de médecins plus rapides.Le cadre général
La population vieillit. Les chiffres de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) le prouvent. Au cours de ces quinze dernières années, le pourcentage de personnes âgées de 65 ans et plus serait effectivement passé de 11,5% à 14%. Plus qu’un simple changement démographique, cette tendance appelle à une refonte du système de santé. Elément clé de cette refonte : la télémédecine.
D’après les analystes, le marché mondial des appareils médicaux de mesure non invasifs représentait environ 1,5 milliard de dollars en 2001 et représente 70 milliards de dollars en 2005. Plusieurs facteurs expliquent cette croissance. Les principaux sont l’accroissement de la proportion des personnes âgées dans la population, une pression sur les budgets de santé favorisant les soins médicaux en dehors de l’hôpital, une priorité à la médecine préventive à travers le suivi régulier des patients à risque, ainsi qu’une amélioration des infrastructures Internet et des réseaux sans fil.
La télémédecine, à savoir « l’utilisation de l’électronique et des technologies de l’information et de la communication pour apporter et transporter les soins de santé », s’applique à quatre disciplines particulières. Utilisée dans les ambulances, la télémédecine trouve également sa place dans la téléconsultation, la télémétrie et dans la surveillance des soins à domiciles.
La surveillance des soins à domicile est soutenue par deux points importants. Les personnes âgées, si elles en ont l’opportunité, demandent à rester le plus longtemps possible chez elles. Cela sous-entend que les médecins et les infirmières multiplient leurs visites à domicile, chose matériellement et financièrement inconcevable dans le long terme.
En outre, les familles de ces personnes âgées sont trop souvent éparpillées et peu disponibles. A leur tour, elles peuvent difficilement apporter les soins et l’attention que requièrent ces personnes âgées au quotidien. Véritable alternative, la télémédecine repose sur des systèmes de surveillance extrêmement fiables, qui permettent de surveiller en permanence l’état de santé des personnes âgées.
Dans les usages, le potentiel d’Internet est encore faiblement utilisé par les médecins. Si la plupart d’entre eux utilisent le Web pour s’informer individuellement, le partage d’informations en réseau qu’il permet émerge beaucoup plus progressivement. Il constitue néanmoins un aspect capital pour adapter la médecine aux nécessités de son époque. De fait, les technologies de l’information peuvent apporter des réponses à quatre enjeux de taille :
