E-Santé et Télémédecine

La réalité virtuelle : nouvel outil médical

E-Santé et Télémédecine

Dernière mise à jour de cette rubrique: 16 septembre 2006 - Imprimer cette page

Prédire son apparence future pour prévenir l’obésité

Accenture

Le cabinet de conseil Accenture installé à Nice (Sophia Antipolis) vient de lancer un ordinateur équipé de webcams et de capteurs qui affiche votre visage et vous propose toute une série de suggestions à appliquer au quotidien pour rester belle (courir, pédaler, manger moins...). Si vous ne suivez pas ces recommandations, l’ordinateur affiche votre visage tel qu’il deviendra sans activité : kilos superflus, double menton, teint blafard... Technique très utilisée au Etats-Unis, la « captologie », permettrait d’influencer positivement le comportement des individus. Selon la société française « Accenture », cet outil pourrait être utilisé dans la lutte contre l’obésité, la dépendance au tabac ou à l’alcool.

S’agissant de la lutte contre l’obésité, Jeannie Huang. jeune pédiatre et gastro-entérologue de l’université de Californie San Diego a déjà pu mesurer combien la prise de poids excessive d’un enfant pouvait être liée à des facteurs environnementaux, tels que le milieu culturel ou familial, une représentation erronée du corps...

La scientifique veut désormais mettre en pratique ces hypothèses en confrontant les patients à un outil nouveau : un "miroir persuasif" qui prédit leur future apparence si leur hygiène de vie ne change pas. Vous fumez trop ? Votre peau apparaîtra plus terne, vieillie prématurément. Vous faites peu d’exercice et abusez de frites et de sucreries ? Votre visage aura l’air bouffi. Le docteur Huang va ainsi suivre, dès l’automne et pour quatre ans, une centaine d’enfants à risque accompagnés de leurs parents.

Cet outil prospectif a été mis au point par le laboratoire technologique de la société Accenture, à Sophia Antipolis en France. Le prototype ressemble à un miroir de salle de bains doté de caméras, qui reproduit un reflet numérique de soi. Un logiciel transforme l’image et montre à quoi ressemblera le visage dans le futur, selon le mode de vie de la personne.

"De nombreuses études ont montré combien l’image pouvait influencer le comportement", renchérit Jeannie Huang. "La publicité s’en est servie efficacement pour inciter à fumer, par exemple. Nous voulons utiliser son pouvoir de la même manière, mais pour provoquer un effet positif", précise la chercheuse, également membre du projet PACE, regroupant plus de quarante professionnels de la santé en quête de moyens innovants pour encourager les comportements alimentaires sains.

Date: 16 septembre 2006 - Consulter cet article seul

Le projet Vepsy

http://www.greyc.unicaen.fr/vepsy

De son côté, le laboratoire Greyc de l’Ensi, à Caen, a travaillé en partenariat avec l’hôpital Sainte-Anne de Paris sur le traitement de la phobie sociale dans le cadre du projet Vepsy. Retenu dans le 5ème PCRD, le projet VEPSY UPDATED, Telemedicine and Portable Virtual Environments in Clinical Psychology, IST-2000-25323, implique douze groupes de recherche de trois pays européens : l’Italie, l’Espagne et la France (voir Vepsy) Débuté le 1er janvier 2001, il bénéficie d’un financement de 1,9 Meuros. Son principal objectif est de prouver la viabilité technique et clinique de l’utilisation de systèmes de Réalité Virtuelle portables et partagés en psychologie clinique. Les troubles sélectionnés sont la phobie sociale et les troubles paniques, les désordres sexuels masculins, l’obésité et les désordres alimentaires.

Le laboratoire GREYC - ISMRA est le partenaire français du projet VEPSY, avec une part de financement de 200000 €. Son rôle dans le Consortium est d’offrir l’expertise technique nécessaire au développement des modules concernant la Phobie Sociale ainsi que l’expertise clinique requise pour les tests cliniques. Le projet a été initié au GREYC par Pierre Nugues. Quatre situations d’anxiété sociale ont été scénarisées et prototypées : l’anxiété de performance, d’affirmation, d’observation, et enfin d’intimité. Ces expériences démontrent que la réalité virtuelle peut s’avérer aussi efficace, tout en étant moins coûteuse et plus simple à recréer, qu’une thérapie en situation réelle.

Date: 9 janvier 2006 - Consulter cet article seul

Le projet Intrepid

http://www.laval-technopole.fr/...

A Laval, le Centre lavallois de ressources technologiques (Clarte) et l’ESIEA ont participé au projet Intrepid, qui a abouti à la création d’un système portable et de trois mondes virtuels en relief pour le traitement de la peur des araignées, du vertige et de la phobie de la voiture.

Réalisé en partenariat avec la Grèce, le Royaume-Uni, l’Italie et la Belgique, ce projet est suivi par quatre élèves-ingénieurs, accompagnés par des enseignants ingénieurs de l’ESIEA. L’objectif poursuivi consiste à développer un système multi-sensoriel permettant de traiter les troubles sociaux, dits phobies, à l’aide de la réalité virtuelle. Il s’agit notamment de mettre au point un système portable composé d’un casque de réalité virtuelle et de capteurs biométriques. Des mécanismes de télé-présence du praticien le font intervenir en temps réel dans la vue virtuelle dans laquelle est immergé le patient, pour l’assister et l’aider à contrôler ses émotions.

Date: 9 janvier 2006 - Consulter cet article seul

Aux Etats-Unis, la réalité virtuelle est utilisée pour aider les personnes traumatisées

Selon une étude du New England Journal of Medicine le désordre de stress post traumatique, ou PTSD (Post Traumatic Stress Disorder) affecterait 15 % des soldats revenus de l’intervention militaire en Irak. Le traitement de ce syndrome est difficile car les patients ont du mal à décrire exactement ce qui les hante. Pour les aider, des psychologues américains essayent de les plonger dans un environnement virtuel très proche de celui qu’ils ont connu en Irak.

Au Virtual Reality Medical Center, les psychologues utilisent les simulations dans un environnement contrôlé. Ils utilisent les décors d’un célèbre jeu vidéo, Full Spectrum Warrior (des intérieurs urbains, des villages...), modifiables selon l’heure du jour et la météo désirées. Une simple pression sur un bouton et des événements recréant le contexte irakien surgissent à volonté : une tempête de sable, des bruits de balles qui sifflent, des détonations de bombes...

Plongé dans cette réalité virtuelle d’un grand réalisme, grâce à une caméra révolutionnaire baptisée Full View 360 qui capture des images dans cinq directions à la fois et place le patient au coeur de l’action, les patients doivent accomplir diverses tâches, sous la pression d’une horloge. Un autre de ces univers virtuels est une salle de classe, conçue pour les enfants souffrant de déficits de l’attention. Les actions du jeune « joueur » permettent de détecter à quel moment son esprit s’égare ou se porte sur autre chose. On peut imaginer que, d’ici quelques années, la réalité virtuelle sera en mesure de reconstituer de manière très convaincante un nombre croissant de situations traumatisantes. Elle pourrait alors constituer un nouvel outil précieux pour aider les patients à surmonter leurs phobies et leurs traumatismes.

A la suite des différentes expériences encourageantes conduites à l’étranger, l’utilisation de la réalité virtuelle pour le traitement des phobies commence en effet à être expérimentée en France. Deux projets européens majeurs sont développés dans ce domaine prometteur.

Date: 9 janvier 2006 - Consulter cet article seul