E-Démocratie et E-Justice

Démocratie électronique

E-Démocratie et E-Justice

Dernière mise à jour de cette rubrique: 31 mars 2007 - Imprimer cette page

"Renaissance Numérique" propose 15 propositions pour réduire la fracture numérique d’ici 2010

Livre blanc de "Renaissance Numérique" : "2010, l’Internet pour tous"

La France, avec 57 % des foyers équipés en micro-ordinateurs et 44 % connectés à Internet, accuse un sérieux retard par rapport à ses voisins européens. Face à ce constat, un groupe de réflexion fondé par des enseignants-chercheurs et des industriels, "Renaissance Numérique", veut replacer la question de l’accès pour tous aux TIC au coeur des débats pour la campagne présidentielle. Renaissance Numérique, qui regroupe une trentaine de hauts dirigeants de groupes Internet présents en France (Google, Yahoo, PriceMinister, Hi-Média...) et plusieurs universitaires, vient donc d’interpeler les candidats à l’élection présidentielle sur cette "fracture numérique".

Renaissance Numérique propose 15 mesures avec l’objectif de doubler le nombre de foyers connectés entre aujourd’hui et 2010, pour qu’il atteigne 80 %. C’est l’objectif que se fixe Renaissance Numérique dans le "livre blanc" qu’il vient de publier.

Une fracture numérique multiple se forme progressivement, selon l’association. Une fracture entre les français équipés d’un micro-ordinateur et les non-équipés, une fracture entre l’Internet très haut-débit des villes et l’Internet des campagnes offrant moins de possibilités, une fracture entre deux générations qui manient inégalement les concepts de cet Internet 2.0 (Wiki, Blogs, Vlogs ...). Renaissance Numérique souhaite à travers ses réflexions, participer à la réduction de la fracture numérique.

« En 1996, moins de 0,5 % des foyers seulement étaient connectés à Internet. Surfer sur le Web supposait, à l’époque, de longues minutes d’attente. Les pages s’affichaient ligne après ligne... Internet était réservé aux technophiles initiés. Aujourd’hui, la France compte plus de 27 millions d’internautes, soit plus d’un français sur deux. En 10 ans, le succès d’Internet a été fulgurant grâce notamment à l’essor du haut-débit depuis 2003. Au regard de l’histoire des technologies, la performance d’Internet est unique. La sidérurgie et l’industrie ferroviaire ont mis des dizaines d’années avant de se développer, tout comme les industries automobiles et aéronautiques ».

« De même le développement de la télévision (à partir des années 50) a été beaucoup plus long : seulement 2 millions d’abonnés en dix ans contre 10 millions pour Internet en une décennie. Internet s’est donc développé cinq fois plus vite ! Bien plus qu’une série de faits, le phénomène Internet a révolutionné notre vie quotidienne, notre société, notre jeunesse. L’avenir de l’homme semble désormais inimaginable sans le Web. »

Voici les principales mesures préconisées :

-  Mesure 1 : La « donation directe » de PC usagés par les entreprises à leurs salariés. Tous les deux à trois ans, les entreprises et les administrations renouvellent leur parc d’ordinateurs. Des mesures simples en matière de fiscalité et de comptabilité peuvent être prises pour faciliter la donation de ces ordinateurs par les entreprises et les administrations à leurs salariés.

-  Mesure 2 : Le « PC recyclé à 99 euros », un moyen écologique de faire baisser le coût d’acquisition d’un PC. Sur 100 ordinateurs « jetés » par les particuliers et le secteur public ou privé, 50 % peuvent être reconditionnés et revendus à un prix d’environ 99 euros.

-  Mesure 3 : Le « PC Loué », un PC neuf à coût réduit. La Suède, où le taux de foyers connectés avoisine les 80 % depuis plusieurs années déjà, a mis en place un système de réduction d’impôt sur le revenu pour l’achat d’un ordinateur. Le principe de l’aide suédoise est de permettre à un salarié d’acheter son PC à son entreprise à un prix préférentiel. Le salarié dispose ainsi d’un ordinateur neuf dont il peut faire un usage personnel.

-  Mesure 4 : Aider la population des étudiants défavorisés. Subventionner l’équipement en PC de 100 000 étudiants boursiers en cursus universitaire.

-  Mesure 9 : Faciliter l’accès à l’Internet des personnes handicapées, pour le bénéfice de tous.

-  Mesure 10 : Réaliser une campagne de communication pour sensibiliser les non-utilisateurs. Cette campagne montrera l’intérêt d’utiliser Internet en toute confiance.

Cette mesure 10 est capitale. En effet, parmi les pays les mieux équipés au monde, 15 à 30 % de la population assurent qu’un ordinateur et Internet n’ont strictement aucun intérêt à leurs yeux. Il ne s’agit donc pas d’un problème d’accès ou financier, mais d’intérêt.

Le Livre Blanc souligne l’insuffisance des TIC dans l’enseignement : à l’école, "le constat est accablant, estime Thibaut Meunier, directeur général de 1000Mercis.com. Il y a, en moyenne, 38 ordinateurs par établissement dont la moyenne d’âges est de 7 ans". Outre le fait d’appeler à un meilleur équipement, Renaissance Numérique demande que la pratique d’Internet soit incluse dans le corpus élémentaire afin qu’elle puisse être maîtrisée dès le primaire, et que le corps enseignant soit lui-même formé.

Il est pourtant illusoire de croire que la technologie pourrait mettre tout le monde sur un pied d’égalité. En effet, la maîtrise du réseau n’est pas acquise d’emblée et est souvent détenue par ceux qui, en dehors du lieu de travail, y ont déjà accès. Renaissance Numérique, qui a conscience de cet obstacle, propose pour y pallier les trois mesures suivantes :

-  Systématiser le passeport Internet via la formation professionnelle, l’ANPE, et au sein des associations.

-  Favoriser l’acquisition et l’appropriation des nouvelles technologies chez les très petites entreprises (TPE).

-  Permettre l’échange de RTT contre des formations aux nouvelles technologies.

Il est aussi question de vaincre les freins psychologiques en mettant en place des campagnes de sensibilisation des non-utilisateurs (notamment les retraités) et de favoriser les partenariats public/privé pour porter Internet dans les zones jugées non rentables par l’offre privée.

Toujours pour favoriser une meilleure égalité d’accès, Renaissance Numérique enjoint aussi le gouvernement à multiplier les bornes Internet dans les lieux publics, et soutenir les projets visant à apporter Internet au sein des populations défavorisées.

Date: 31 mars 2007 - Consulter cet article seul

L’e-administration et l’e-démocratie sont jugées positivement mais restent peu connues des internautes

Maire Infos

Aujourd’hui, plus d’un Français sur deux utilise Internet. Parmi les usages du Web, les démarches administratives rencontrent un vif succès. Près de six millions de Français ont ainsi déclaré leurs impôts en ligne en 2006. Mais qu’en est-il de l’opinion des français sur la démocratie en ligne ? Selon un sondage OpinionWay auprès des internautes français pour mieux comprendre leur perception de la démocratie et de l’administration électroniques, il apparaît que plus de 80 % des internautes se déclarent favorables au fait de permettre aux Français de l’étranger de voter en ligne à l’occasion de l’élection présidentielle de 2007, dont 46 % qui y sont « tout à fait favorables ». Parallèlement, le vote en ligne apparaît susceptible d’influer positivement sur le taux de participation aux élections pour 67 % des internautes. Soulignons que cette opinion se révèle particulièrement prégnante auprès des votants occasionnels (81 %) et des abstentionnistes (76 %).

Par ailleurs, Internet est globalement considéré comme un outil bénéfique en termes de démocratie et de modernisation administrative. Ainsi les internautes considèrent la toile comme un bon outil pour améliorer le fonctionnement de la démocratie (78 %, soit 10 points de plus qu’en 2005), pour réconcilier les citoyens avec leurs élus (59 %, + 14 points par rapport à 2005) et plus encore pour moderniser l’administration (97 %) ou pour améliorer ses relations avec les citoyens (91 %).

73 % considèrent enfin que le développement de l’administration électronique bénéficie au citoyen. Les principaux bénéfices attendus en sont la simplification des démarches (90 %) et la réduction des délais de traitement des dossiers (85 %). Or ces deux critères constituent généralement les attentes prioritaires des usagers en matière d’amélioration du fonctionnement des services administratifs.

La majorité des internautes souhaiterait également être consultée par l’intermédiaire d’Internet à l’occasion de débats nationaux, notamment sur des sujets comme l’avenir du système de santé (76 %), les retraites (74 %) ou l’école (72 %). Internet était déjà apparu comme un mode d’information majeur à l’occasion du référendum sur le projet de constitution européenne.

Pour la prochaine élection présidentielle, il s’affirme également comme un vecteur majeur d’information politique, même s’il est largement devancé par la télévision (48 %). En effet, 16 % déclarent avoir l’intention de privilégier ce canal, soit presque autant que ceux qui utiliseront en priorité la presse écrite (17 %) et deux fois plus que ceux qui utiliseront en priorité la radio (8 %). Ce sont les 25-34 ans (22 %) et les électeurs qui ne déclarent voter que lors des élections qu’ils jugent importantes (23 %) qui semblent les plus prompts à privilégier Internet comme moyen d’information sur l’élection présidentielle.

Les concepts d’«e-administration» et d’«e-démocratie» ne se révèlent connus que d’une minorité des internautes (respectivement 49 % et 27 %). Dans le même temps, la France continue d’être très largement perçue comme en retard dans le domaine de la démocratie électronique (78 %) par rapport à d’autres pays.

Cette perception apparaît cependant nettement moins marquée en matière d’administration électronique, puisque si 59 % jugent que l’hexagone est en retard dans ce domaine, 41 % considèrent désormais que la France est en avance. L’accélération du développement des possibilités de démarches administratives en ligne au cours des derniers mois explique sans doute cette différence de perception entre démocratie et administration électronique.

Date: 8 septembre 2006 - Consulter cet article seul